Édito de la semaine
« La sainteté ? Une trajectoire pour les pêcheurs… ! »
À l’occasion de la Toussaint, il a paru intéressant à notre comité de rédaction d’interviewer une catéchumène, à propos de cette fête liturgique et de toutes sa portée spirituelle: quel regard une « candidote aux sacrements » porte-t-elle sur le but de toute vie chrétienne? Rencontre exclusive, avec Mathilde, qui recevra les Baptême-Confirmation-Eucharistie à la prochaine Vigile Pascale…
« Dans toute la Bible, l’un de mes versets préférés reste: « Il y aura de la jale dans le Ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion ». Et la Toussaint est certainement pour moi LE jour où cette promesse du Christ prend tout son sens: les cieux s’entrouvrent pour nous orienter vers l’espérance; et tous, pécheurs que nous sommes!, nous pouvons contempler l’humanité réconciliée avec Dieu. Comme si nous ne le savions pas assez: nous pouvons entrer dans une œuvre de pardon et de miséricorde qui nous dépasse totalement, mais qui est voulue par Dieu pour chacun d’entre nous. Alors, oui: cette perspective est exigeante…. Elle peut même face pour mals surtout: elle agit comme « un baume à l’âme », puisque si des pécheurs d’autrefois sont devenus des saints pourquoi pas nous aujourd’hưi?
D’après ce que j’en médite, l’évangile des Béatitudes est une promesse autant qu’un horizon: elies signalent bien des situations « délicates » dans lesquelles chacun de nous peut se reconnaître les pleurs, la soif de justice, les besoins de paix, les persécutions… Mais surtout, en arrière-plan, elles dessinent en quelque sorte le « portrait robot » du Christ, car Lui aussi a pleuré; Lui aussi a eu soif de justice; Lui aussi s’est fait artisan de paix….
Si je ne devais retenir qu’une seule des Béatitudes, ce serait « Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage Certainement parce que la douceur fait partie de mon cheminement vers l’Église. Depuis mon enfance, j’ai la foi; et bien que non-baptisée, je suis persuadée d’avoir toujours reçu des grâces chaque fois que j’allais à la messe. Mais c’est plus récemment la rencontre avec une collègue de bureau qui m’a déterminé à demander à entrer dans l’Église en tant que chrétienne, elle était vraiment attentive à tous et elle agissait avec beaucoup de douceur à l’égard de tous les collaborateurs. Et même dans les discussions un peu tendues ou dans les conflits professionnels, elle faisait souvent preuve de clémence en concluant par: « Je vais prier pour vous ». Elle devenait artisan de paix. C’était simple et édifiant… »
Propos exclusifs recueillis
par l’Abbé Laurent Chauvin+- Vicaire
Message de Mgr Laurent Ulrich • Prière pour la paix
Vendredi 30 octobre 2026
Chers frères et sœurs, Chers amis,
Le 19 octobre dernier, au lendemain des violences qui avaient marqué notre ville, je vous invitais à redoubler d’ardeur dans votre prière pour notre pays. Aujourd’hui, nos inquiétudes, celles de nombre de nos concitoyens demeurent, et avec elles les tensions qui traversent notre société. Je sais combien beaucoup d’entre vous les portent, dans leurs familles, leur travail, leurs quartiers. C’est pourquoi je souhaite aujourd’hui donner à cette prière un rendez-vous précis et la confier à la Vierge Marie.
Je demande que, dans les paroisses et les autres églises de Paris, une intention particulière pour la paix sociale en France soit portée partout où le chapelet est prié publiquement. Je demande aussi qu’elle soit ajoutée à la prière d’intercession des vêpres célébrées publiquement. Et j’invite chacun de ceux qui prient le chapelet ou les vêpres personnellement à s’unir à cette intention.
Cette prière, nous ne la séparons pas de celle que nous portons pour notre monde. Du 3 au 11 novembre, Mgr Philippe Ballot, archevêque de Metz, propose une neuvaine pour la paix dans le monde par l’intercession du vénérable Robert Schuman, à laquelle je vous encourage chaleureusement à vous associer. À Metz, le 28 septembre, le pape Léon XIV a rappelé combien l’exemple de cet homme, qui avait connu les frontières déplacées et les guerres fratricides, demeure une lumière pour aujourd’hui.
Nous voulons demeurer, au milieu du monde, les serviteurs de la paix qui vient du Christ. Que notre prière nous garde de nous résigner à la violence comme à l’indifférence. Qu’elle fasse de nous, là où nous vivons, des témoins de réconciliation et d’espérance. Et que Notre Dame, Reine de la paix, veille sur nous, notre pays et sur le monde.
Je vous garde, tous et chacun, dans mon cœur et dans ma prière.
Bonne fête de la Toussaint,
† Laurent Ulrich
Archevêque de Paris



