Édito de la semaine
« À l’image de Dieu »
Regardons un instant ce que nous avons dans la poche. Nous y trouvons sans doute un téléphone et une carte bancaire, peut-être aussi quelques pièces. Grâce à eux, nous payons, nous communiquons, nous nous informons, presque sans y penser.
L’Évangile de ce dimanche part lui aussi d’un objet ordinaire (Mt 22, 15-21). Pour mettre Jésus en difficulté, ses adversaires lui présentent une pièce et l’interrogent sur l’impôt, un sujet aussi sensible à son époque qu’à la nôtre. Jésus ne se dérobe pas. Il reconnaît que la vie en société a ses exigences. Payer ce que nous devons, respecter la loi ou encore nous engager dans notre commune font partie du quotidien d’un croyant.
Cependant, Jésus ne s’arrête pas là. Puisque cette pièce porte le portrait de l’empereur, elle lui revient. Or la Bible nous apprend que l’être humain est fait à l’image de Dieu (Gn 1, 27). Nous comprenons alors le sens profond de sa réponse: l’argent et le pouvoir peuvent recevoir leur part, mais notre vie tout entière est appelée à être donnée à Dieu.
Cette parole nous rejoint directement, car les Césars d’aujourd’hui sont nombreux et nous réclament beaucoup. La hausse des prix nous oblige à tout compter. Le travail déborde parfois sur nos soirées et nos week-ends. Les écrans nous prennent des heures que nous n’avions pas prévu de leur accorder.
Quant aux guerres et aux crises, commentées sans cesse, elles nous laissent inquiets et parfois découragés.
Pour ne pas nous laisser envahir, offrons au Seigneur mieux que les restes de notre temps un quart d’heure de prière, quelques versets de l’Évangile au réveil, la messe vécue malgré un agenda chargé. Ces petits rendez-vous avec Dieu nous aident à remettre chaque chose à sa juste place.
Ils transforment aussi notre regard sur les autres. Nous vivons dans un monde qui évalue facilement les personnes à ce qu’elles produisent ou rapportent, et qui les réduit parfois à un chiffre ou à un dossier. Le chrétien, lui, se souvient que derrière chaque dossier se trouve un visage unique, une personne créée à l’image de Dieu. Au bureau, en famille ou dans une discussion qui s’échauffe, il peut alors refuser le mépris, prendre le temps d’écouter et chercher d’abord à comprendre.
À l’exemple des chrétiens de Thessalonique (1 Th 1, 3), puissions-nous laisser notre foi, notre amour et notre espérance porter du fruit dans nos vies. Que cette semaine nous aide à tout remettre à sa place, et Dieu à la première. C’est là notre véritable richesse.
Père Elie Challita
Message de Mgr Laurent Ulrich • Prière pour la paix
Vendredi 30 octobre 2026
Chers frères et sœurs, Chers amis,
Le 19 octobre dernier, au lendemain des violences qui avaient marqué notre ville, je vous invitais à redoubler d’ardeur dans votre prière pour notre pays. Aujourd’hui, nos inquiétudes, celles de nombre de nos concitoyens demeurent, et avec elles les tensions qui traversent notre société. Je sais combien beaucoup d’entre vous les portent, dans leurs familles, leur travail, leurs quartiers. C’est pourquoi je souhaite aujourd’hui donner à cette prière un rendez-vous précis et la confier à la Vierge Marie.
Je demande que, dans les paroisses et les autres églises de Paris, une intention particulière pour la paix sociale en France soit portée partout où le chapelet est prié publiquement. Je demande aussi qu’elle soit ajoutée à la prière d’intercession des vêpres célébrées publiquement. Et j’invite chacun de ceux qui prient le chapelet ou les vêpres personnellement à s’unir à cette intention.
Cette prière, nous ne la séparons pas de celle que nous portons pour notre monde. Du 3 au 11 novembre, Mgr Philippe Ballot, archevêque de Metz, propose une neuvaine pour la paix dans le monde par l’intercession du vénérable Robert Schuman, à laquelle je vous encourage chaleureusement à vous associer. À Metz, le 28 septembre, le pape Léon XIV a rappelé combien l’exemple de cet homme, qui avait connu les frontières déplacées et les guerres fratricides, demeure une lumière pour aujourd’hui.
Nous voulons demeurer, au milieu du monde, les serviteurs de la paix qui vient du Christ. Que notre prière nous garde de nous résigner à la violence comme à l’indifférence. Qu’elle fasse de nous, là où nous vivons, des témoins de réconciliation et d’espérance. Et que Notre Dame, Reine de la paix, veille sur nous, notre pays et sur le monde.
Je vous garde, tous et chacun, dans mon cœur et dans ma prière.
Bonne fête de la Toussaint,
† Laurent Ulrich
Archevêque de Paris



